L’Histoire du Mascara
Écrit par Admin2 le 5 avril 2012 à 10:22Pour plusieurs femmes, leur première initiation au monde des cosmétiques a été le mascara. Pour la plupart des «mamans», le mascara est perçu comme un produit de beauté tout à fait convenable pour leur jeune fille et les statistiques reflètent ce sentiment. Selon Euromonitor International (une entreprise d’études de marché sur les produits de beauté et de soins personnels), 61 % des femmes dans le monde entier possèdent au moins un tube de mascara.
Le mascara fait partie intégrante de notre routine beauté. Tout au long de son histoire, qui dure depuis plus de 6000 ans, le mascara a subi plusieurs changements importants. Continuez à lire pour apprendre quelques faits amusants (et surprenants) sur un produit que vous utilisez sûrement à tous les jours.
4000 av. J-C.

Les anciens Égyptiens aimaient le khôl et le mascara. Ils croyaient que les yeux étaient le miroir de l’âme; ils les dissimulaient pour repousser les esprits maléfiques. Comme presque toute cendre peut faire une bonne base pour un pigment, ils expérimentaient avec de nombreuses recettes – allant du brûlage d’amandes jusqu’à l’utilisation du plomb.
Cependant, les substances qu’ils utilisaient pour conserver la couleur sur leurs cils, par exemple une substance pâteuse composée d’un mélange de miel et d’eau, étaient loin d’être modernes.
Les Égyptiens utilisaient cette palette en ardoise pour broyer et mélanger le khôl, l’eau et la graisse et ainsi fabriquer les pigments de la peinture pour les yeux. Ils appliquaient le maquillage pour les yeux en se servant d’un instrument en cuivre apparaissant en-dessous de la palette.
100 av. J-C.
Les anciens Romains (les femmes tout comme les hommes) idéalisaient les cils longs et foncés. Ils les voyaient comme un signe de chasteté. Le khôl servait toujours d’ingrédient principal avec la cendre, la suie, les pétales de rose calcinées et le noyau de datte. Ils ajoutaient du safran pour améliorer l’odeur. Ils appliquaient le mélange de khôl à l’aide d’un bâton à bout arrondi fait soit en ivoire, en vitre, en os ou en bois. Ils commençaient par le tremper dans de l’huile ou de l’eau avant de l’utiliser pour appliquer le khôl.
Ci-présentes, les tasses des anciens Romans pour le mélange de khôl avec les bâtons applicateurs.
Les années 900
Ziryab, écrivain perse et homme de la mode, fonda une école de cosmétologie sur un territoire appartenant aujourd’hui à l’Espagne. Il enseignait aux femmes comment préparer du mascara à partir de suie et d’antimoine, un élément chimique toxique de symbole Sb et de numéro atomique 51.

La technique: On broie l’antimoine jusqu’à ce qu’il devienne une poudre soluble dans l’eau, on l’utilise ensuite pour la couleur grise foncée et lustrée au reflet semi-métallique qu’il donne au mascara.
Les années 1500
Malgré la désapprobation de l’Église, les femmes cachottières de la Renaissance comme la célèbre beauté Simonetta Vespucci (représentée ici dans un portrait de Botticelli), utilisaient du maquillage. À l’époque, l’ingrédient préféré était la coquille de noix écrasée qui était utilisée pour foncer la couleur des cils.
Les années 1850
À l’époque victorienne, il y a eu un retournement radical de l’opinion sociale en faveur de la promotion des cosmétiques. Les femmes passaient la majeure partie de leur temps à s’occuper de leur régime beauté. Les femmes victoriennes préparaient leur propre version du mascara à la maison. Elles faisaient chauffer un mélange de cendres ou de noir de fumée (la suie collante des lampes à l’huile) et de jus de baies de sureau dans une assiette, elles mettaient ensuite le mélange chauffé sur leurs cils.
Portrait : Proserpine par Dante Gabriel Rossetti (1828-1882)
1917
Eugène Rimmel (oui il s’agit bien de ce Rimmel) vend le premier mascara non toxique sur le marché grand public. Il est fabriqué à partir de la gelée de pétrole et de la poussière de charbon. Contrairement aux tubes de mascaras actuels, le Rimmel original était sous forme de petit pain noir. On compressait de la poudre pigmentée pour fabriquer des pains compacts semblables au format de fards à joues et de fonds de teint de nos jours. On devait ensuite faire dissoudre la poudre avec une brosse mouillée afin qu’elle puisse coller aux cils.
Fait amusant : le mascara Rimmel est devenu tellement populaire que le mot rimmel signifie, jusqu’à ce jour, mascara dans plusieurs langues.
Les années 1930
Une version antérieure du mascara était sous forme de crème dans un petit tube. La consistance était semblable à celle d’une lotion. On utilisait les mêmes ingrédients que pour le pain, on y ajoutait des cires naturelles pour obtenir la consistance désirée. On mettait la crème sur une brosse pour ensuite l’appliquer sur les cils. Cependant, cette procédure s’avérait trop salissante et a amenée à l’invention de la brosse intégrée. Ce sont aussi durant les années 1930 que le mascara résistant à l’eau fait son apparition.
Tout d’abord préparé à partir d’un mélange composé de 50 % de térébenthine, le mascara résistant à l’eau, bien qu’il soit original et unique, causait plusieurs allergies cutanées. En plus de la puissance de la réaction chimique qui servait à mettre au point la formule résistante à l’eau, l’odeur putride était tout simplement insupportable.
1960
Maybelline procède au lancement du Magic Mascara, le premier mascara moderne « automatique » (c’est-à-dire que la brosse s’imbibe de mascara qui se trouve à l’intérieur d’un tube). Il est sécuritaire, doux et résistant à l’eau. Les années 1960 ont aussi été marquées par l’explosion en popularité des cils épais à la Twiggy un peu partout à travers le monde.

1988
Dans les années 80, le maquillage extravagant était la rage et les cils devaient être tout aussi longs et prononcés. Le mascara était donc un indispensable, les formules colorées étant les plus populaires. Pour ce qui était du port du mascara de l’époque, la princesse Diana était l’un des modèles à suivre (elle portait toujours du bleu), Tammy Faye Bakker, par contre, illustrait le contraire à merveille.
En 1988, Max Factor lance le tout premier mascara transparent possiblement en réaction à l’utilisation excessive du mascara. Nommé No Color, il convenait parfaitement aux femmes désirant obtenir un style plus naturel.
Les années 2000
Au cours de la dernière décennie, les femmes ont été bombardées de choix lorsqu’il s’agit de mascaras. Les mascaras à deux brosses, les mascaras avec brosse vibrante et toute une gamme de formules visant à rendre les cils plus longs, plus volumineux ou encore plus épais. Une nouvelle génération de brosses ayant une forme géométrique replace les fibres rigides des brosses traditionnelles. Partout, on trouve des poils inégaux, des peignes en plastique flexibles, des dents de peignes caoutchouteuses ayant une forme courbée et pliée.
L’avenir
Les brosses fabriquées à partir d’élastomère thermoplastique (TPE), les applicateurs sans brosse, les mascaras semi-permanents, hypoallergènes, les tubes ou les flacons? Ce sont quelques questions auxquelles l’industrie et l’évolution du mascara doivent faire face.
En 2010, près de 120 produits pour mascaras ont été lancé au Canada; aux États-Unis, le nombre s’élevait à 349. Ces chiffres démontrent bien qu’il ne faut pas être un expert dans le domaine pour comprendre que le mascara ne va pas disparaître de sitôt.
























